AMOBIO II
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Analyse multiscalaire, multi-pressions et multicritère des effets de l'Occupation anthropique et des usages faits des sols sur les communautés BIOlogiques des cours d’eau hexagonaux |
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Recherche
Le programme AMOBIO I 2021 – 2024 (Dézerald et al. 2025) a permis d’aboutir à un puits de données unique en France, et probablement en Europe. Il permet de disposer d’informations riches concernant les compartiments biologiques dulçaquicoles et les contextes naturels ou anthropiques auxquels ils répondent (i.e. ~20 ans de données sur des milliers de stations suivies en France hexagonale, et plusieurs dizaines de milliers d’opérations correspondantes, pour ~ 2329 taxons). Ce travail a nécessité un assemblage long et fastidieux de sources variées de données, un traitement informatique et statistique poussé ainsi qu’une visualisation complexe de ces informations. Les métriques développées au travers du programme AMOBIO I s’avèrent adaptées à des analyses typologiques et cartographiques des gradients multi-pressions s’exerçant au sein des cours d’eau de France hexagonale, et pourraient ainsi apporter des informations essentielles à la préservation et à la bonne gestion des cours d’eau. Ces données permettent d’approcher pour la première fois l’ampleur du cocktail de pressions auxquels sont soumis les milieux aquatiques, via les aménagements, usages et activités anthropiques ; cocktail lui-même intégré dans un contexte naturel varié ajouté de la complexité des réseaux hydrographiques dendritiques à large échelle. Si les poissons, et en moindre mesure les diatomées, semblent particulièrement impactés par la pression exercée par les obstacles à l’écoulement, les macroinvertébrés (et les diatomées), essentiels dans la chaine trophique, réagissent également à l’occupation anthropique des sols ou à la qualité physico-chimique de l’eau. Enfin, une autre perspective intéressante consisterait à explorer les réponses fonctionnelles des organismes. Il serait alors possible, par exemple, de supposer une réponse accrue des organismes selon leurs capacités de dispersion dans le réseau hydrographique, et ce quelle que soit l’espèce ou le groupe d’espèces étudiés (diatomées, macroinvertébrés et/ou poissons). La variation des traits des espèces le long de certaines dimensions de la pression exercée par les obstacles à l’écoulement (comme la distance au premier obstacle par exemple) pourrait par exemple apporter de nouvelles connaissances sur l’impact des activités et aménagements humains sur la composition fonctionnelle des communautés. En ce sens et dans la continuité donc du programme AMOBIO I, pour ce qui est des approches emboîtées multi-pressions, et multi-échelles spatiales et temporelles, le programme AMOBIO II 2025 – 2028 visera à :
(i) aller au-delà des seules richesses spécifiques et renforcer l’analyse des tendances, par les traits bioécologiques et les réponses fonctionnelles associées des organismes aquatiques, telle que présentées dans le rapport de 1ère phase (Dézerald et al. 2025), tout en ouvrant en 2nde phase un nouveau pan d’étude sur de mêmes effets concomitants de plusieurs pressions générés par l’occupation anthropique et les usages faits des sols. Il s’agira donc ici de se concentrer sur l’interprétation des variations des profils et des syndromes de traits, mesurés à l’échelle des communautés biologiques. Les analyses statistiques resteront centrées autour des Random forest (Machine learning) et seront complétées par des approches uni- et multi-variées pour répondre aux objectifs du programme AMOBIO II. Une attention particulière sera portée aux espèces piscicoles migratrices amphihalines et aux espèces considérées comme natives vs celles exotiques et envahissantes ;
(ii) s’assurer de la bonne capacité de mise à jour des sources et bases de données employées au sein du puits de données AMOBIO associé, notamment par l’optimisation de la structure de données, et des scripts d’intégration comme de calculs. Cette étape de toilettage permettra d’intégrer ou de mettre à jour les bases de données essentielles, sélectionnées à partir des manques identifiés dans AMOBIO I soit a minima et si disponibles les données complémentaires de thermie en cours d’eau et celles de la plateforme Pressions et risques d’impacts hydromorphologiques – PRHYMO (Grosprêtre et Kreutzenberger 2024). L’intégration des macrophytes aux communautés étudiées est envisagée mais non entérinée à ce stade, car dépendante de la disponibilité et de la possibilité d’intégration de ces données au puits de données AMOBIO ;
(iii) accroitre la valorisation des résultats obtenus, en visant pour cela un travail conséquent de publications dans des revues à comité de lecture, tout en déployant en parallèle une capacité à proposer des notes d’orientation scientifiques ainsi que des synthèses.
Les bénéficiaires à termes sont le Ministère en charge de la transition écologique, l’Office Français de la Biodiversité, les agences de l’eau, les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement ainsi que l’ensemble des autres acteurs institutionnels ou non et/ou locaux (e.g. parcs naturels, cellules techniques des services déconcentrés de l’état, associations, collectivités etc.), les techniciens de rivière et les bureaux d'étude investis dans l'étude et la gestion environnementale des cours d'eau.
Personnes impliquées
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DÉZERALD Olivier, Chargé(e) de Recherche
Téléphone : +33 2 23 48 54 46 Email : olivier.dezerald@inrae.fr |
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LASNE Emilien, Chargé(e) de Recherche
Téléphone : + 33 2 23 48 54 44 Email : emilien.lasne@inrae.fr |
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LASSALLE Gilles, Ingénieur d'études
Téléphone : +33 2 23 48 56 61 Email : gilles.lassalle@inrae.fr |
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ROUSSEL Jean-Marc, Directeur(rice) de recherche
Téléphone : +33 2 23 48 57 75 Email : jean-marc.roussel@inrae.fr |
Financements
Office Français de la Biodiversité





